Camus, Covid et l’Avenir

I’m only about a quarter of the way through reading La Peste by Albert Camus, but I like it very much so far. It’s quite different in style from Les Justes and also from what I remember of L’Étranger (which I last read some 35 years ago). So far it’s got a straightforward narrative style, chronicling the imagined events that follow the return of bubonic plague to Oran (Algeria’s second largest city) in the 1940s. Bubonic plague still exists in the world today, but it is easily treatable with antibiotics if identified early enough. However antibiotics like penicillin were not in widespread civilian used until the mid- to late-1940s, and so far they don’t factor into the story.

La Peste reminds me a bit of Michael Crichton’s Andromeda Strain, though of course Camus got there a couple decades earlier. But where Crichton went for medical techno-babble (which even by the 1980s hadn’t aged very well), Camus focuses on the human reaction to the slow-motion realization that the Black Death has returned. These age very well, I’m afraid, and resonate quite all to accurately with modern human reactions to Covid. I’m also told (though I hadn’t noticed it on my own yet) certain parallels with other calamities that struck the world in the 1940s.

I wrote up some musings on Camus and Covid (700 words) for this week’s French lesson. Here’s the text after some light revisions with my teacher.

Camus, covid, et l’avenir

Je viens de recevoir un email qui annonce les dates du festival d’Avignon 2022, qui a lieu d’habitude les trois dernières semaines de juillet. Je dis «d’habitude», mais en fait les dates précises sont plus aléatoires que prévisibles. Cette année on commence le 7 juillet, mais pendant les derniers dix dernières années le jour J variait du 4 juillet au 7 juillet sans modèle. Quelquefois on commence le jeudi, autres fois le dimanche,  le lundi ou le mercredi. Et la date de fin est aussi arbitraire que la date du commencement. Et le festival 2020 a été totalement annulé à cause de la crise sanitaire de Covid-19. J’aurais bien voulu réserver un logement pour le festival il y a trois mois (car les hébergements au centre ville et bon marché sont rares), mais sans savoir les dates c’est trop aléatoire. Maintenant, avec l’arrivée d’omicron, le nouveau variant du virus, c’est encore possible que l’agenda du festival 2022 soit bouleversé. J’oublie quel petit malin a dit «La prévision c’est difficile – surtout quand il s’agit de l’avenir».

Ah, l’avenir, l’avenir. Pour moi, c’est incontournable – au moins, je souhaite accueillir l’avenir dans quelques années, sinon soit lui soit moi serons morts. J’ai passé ma jeunesse à jouer aux échecs, une entreprise ou on reste presque immobile pendant plusieurs heures en ne contemplant que l’avenir, où chaque coup est évalué en fonction des contre-coups possibles. Un peu extrême pour un gamin, j’admets, mais la fascination pourc l’avenir est un trait inné chez tous les humains. Le psychologue Daniel Gilbert écrit dans son livre Et si le bonheur vous tombait dessus : «Ce qui différencie l’homme de tous les autres animaux, c’est qu’il pense à l’avenir.»  Pourtant, il y a souvent un manque d’imagination parmi ces penseurs de l’avenir. Mon beau-père, bien muni en  adages qu’il estime sages, dit souvent «L’avenir n’est pas simplement une extension  du passé». Bien que cela me peine de l’admettre, j’ai peur qu’il ait raison.

La tendance à fouiller le passé pour prévoir est évidente sur la page Wikipédia qui concerne La peste, roman d’Albert Camus qui est paru en 1947. Après les parties typiques pour un tel article (historique du roman, résumé, personnages), on découvre une toute petit note au-dessous du titre Augmentation des ventes en 2020:  «En 2020, avec la pandémie de covid-19, le livre connaît un regain d’intérêt, notamment en France et en Italie, en raison de la ressemblance entre ce que le livre raconte et ce que vivent des populations dans de nombreux endroits du monde». Sans doute, l’auteur anonyme de cette page (un Bourbaki moderne) a totalement raison, car il peu probable que j’aurais commencé à lire ce premier chef-d’œuvre de Camus si la pandémie ne s’était jamais passée.

J’ai pris connaissance de La peste pour la première fois cette année après avoir entendu un entretien à la radio avec Marylin Maeso, qui a écrit un livre La fabrique de l’inhumain. Elle revisite La peste et le prend comme un point de départ pour parler des phénomènes sidérants et variés: la guerre, la torture, le terrorisme, etc. Elle constate nos incapacités à les confronter avec l’humanité, et cite les observations de Camus sur le désaccord entre l’échelle humaine et la taille des fléaux:

« Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête… pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus. Quand une guerre éclate, les gens disent : «Ça ne durera pas, c’est trop bête. » … Nos concitoyens [étaient] humanistes : ils ne croyaient pas aux fléaux. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer… Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages… Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir … ? »

Albert Camus, La peste

Je trouve ces phrases de Camus, écrites il y a soixante-dix ans, vraiment effrayantes. L’annonce d’Avignon arrive et je me hâte de réserver les billets d’avion, en imaginant que l’achat lui-même pourrait éloigner de la France cette peste contemporaine. Ça ne durera pas, ça fait déjà dix-huit mois. Y en a marre de l’incertitude, je déclare que c’est le Covid qui est annulé pour 2022 et pas le Festival d’Avignon. 

«Ce qui différencie l’homme de tous les autres animaux, c’est qu’il pense à l’avenir.» Pas seulement penser à l’avenir, mais défendre l’avenir, insister sur l’existence de l’avenir. Avec mon cerveau de joueur d’échecs, je vois clairement la possibilité de la résurgence de la crise sanitaire. Et je vais attendre quelques mois avant d’acheter les billets pour Avignon. Mais en même temps, je vais identifier les spectacles auxquels j’irai, je vais faire des recherches chaque semaine pour des logements disponibles au centre ville, et je vais informer mon patron de mes dates de vacances en juillet. Je ne suis pas prêt pour que le Covid supprime l’avenir. 

I imagine I’ll have more to say once I’ve finished the book. Meanwhile, I spent several hours yesterday planning my trip to Avignon in July. One can hope …

Things I Learned

  • For the beginning and end of a multi-day event, use la date de commencement and la date de fin. The phrases date initiale and date terminale aren’t strictly wrong, but are clunky.
  • Speculatif is used for financial dealings or for way-out-there scientific research. For an action taken with a lot of guesswork, the outcome is better described as aléatoire.
  • Un variant, une variante have subtly different meanings and domains of use. The masculine form is reserved for the context of biology and genetics. The feminine form is for music, art, language, and chess openings. Roughly speaking, une variante corresponds to the English “variation” (“theme and variation”, “Queen’s Indian defense, Nimzowitsch variation”), while un variant corresponds to the English “variant” (“omicron variant”).
  • Malin can be used as an adjective or a noun. It has a range of meanings along a spectrum from pretty negative (“evil”, “wicked”, or “demonic”) to moderately positive (“smart”, “astute”, “clever”). Ideas like “sly” and “crafty” are in between these two poles. However the phrase « petit malin » is more along the lines of “smart alec”, “wise guy”, or “slick character”.
  • On passe son temps à faire quelques chose. I would have thought it was en faisant qqch, but that’s not grammatical.
  • Fascinating: the proper locutions are être fasciné par or avoir la fascination pour. Choosing the right preposition in French is one of my enduring challenges.
  • Inné means “innate” or “inborn”, and here again choosing the preposition trips me up. In English, a characteristic or ability is innate to a person. But in French, there are multiple possible prepositions following inné. The most common is inné chez qqn, but you can also use inné en qqn, inné dans qqn, or inné à qqn. I haven’t been able to discern if there are rules of when to use which preposition, or if it is purely a stylistic choice.

Joséphine Baker to Enter the Panthéon

My French homework this week from teacher N.M. was to read and write a response to a pair of texts about the Panthéon and the decision last month to admit Franco-American Joséphine Baker into its elite ranks. At present only 71 luminaries are buried in this «nécropole laïc».

The prompt asked for 30 lines addressing the question: «Pourquoi selon vous a-t-on besoin de sacrer des personnalités et de les faire entrer au Panthéon?» (“In your opinion, why must we venerate great people and admit them into the Panthéon?”). Here’s my 400-word response:

Version originale

Quand Achilles, le héro grecque, délibérait aller à la guerre de Troi ou rester chez lui, sa mère Thétis lui a dit «Si tu restes ici, tu vivras. Tes enfants t’aimeront et tes petits-fils se souviendront de toi. Mais, tes arrière-petits-fils t’oublieront. Si tu pars pour la guerre, tu mourras. Mais, tu resteras dans la mémoire pour toujours». Pour les Grecques, la mémoire c’est la vie, peut-être la façon de vivre la plus puissante. Et donc Achilles est parti, a gagné sa mesure de la gloire autant qu’une place dans notre connaissance collective pendant deux mille sept cents ans.

L’existence du Panthéon français est une réaction non seulement à la réalité inévitable de notre mortalité individuelle, mais aussi à la crainte que notre société elle-même puisse disparaître. Nous imaginons que nos achèvements et nos valeurs continueront après nos morts, mais comment assurer qu’ils perdureront et ne sont pas au gré de la mode de nos héritiers? Si l’on veut que quelque chose dure, la construisez en pierre! C’est pareil pour une église, un musée, une banque, ou une tombe. Il y a peu de monuments en bois ou en boue qui nous restent d’Antiquité. Mais d’artefacts en pierre, il y en a beaucoup. Donc, on grave les noms des renommés dans les roches de ce bâtiment célèbre.

Version rédigée avec N.M.

Quand Achilles, le héro grecque, délibérait aller à la guerre de Troie ou rester chez lui, sa mère Thétis lui a dit «Si tu restes ici, tu vivras. Tes enfants t’aimeront et tes petits-fils se souviendront de toi. Mais, tes arrière-petits-fils t’oublieront. Si tu pars pour la guerre, tu mourras. Mais, tu resteras dans la mémoire pour toujours». Pour les Grecques, la mémoire c’est la vie, peut-être la façon de vivre la plus puissante. Et donc Achilles est parti, a gagné sa mesure de la gloire autant qu’une place dans notre connaissance collective pendant deux mille sept cents ans.

L’existence du Panthéon français est une réaction non seulement à la réalité inévitable de notre mortalité individuelle, mais aussi à la crainte que notre société elle-même puisse disparaître. Nous imaginons que nos achèvements et nos valeurs continueront après notre mort, mais comment assurer qu’ils perdureront et ne seront pas au gré de la mode de nos héritiers? Si l’on veut que quelque chose dure, construisez-la en pierre! C’est pareil pour une église, un musée, une banque, ou une tombe. Il y a peu de monuments en bois ou en boue qui nous restent de l’Antiquité. Mais d’artefacts en pierre, il y en a beaucoup. Donc, on grave les noms des renommés dans les roches de ce bâtiment célèbre.

Pourtant, la Panthéonisation n’est que pour ceux qui nous suivent en maintes siècles, c’est également pour nous-mêmes aujourd’hui. Nos sélections actuelles définissent notre présent autant que leurs mémoire nous définiront dans l’avenir. On peut évaluer une société par examiner ceux auxquels elle accorde l’argent et la gloire. Admettre Joséphine Baker à ce club exclusif c’est valoriser non seulement son art et sa lutte contre le racisme, mais l’Art et la lutte contre le racisme. Aussi, par extension, la lutte contre le harcèlement sexiste, l’homophobie, et pleins d’autres pestes sociales actuelles. Même si le Panthéon délabre au cours des siècles, même s’il est détruit en quelques années, la choix elle-même est une acte politique qui peut lever des gens privilégiés en affranchissant un peu plus leurs esprits.

Toutefois, on ne doit pas imaginer que sacrer certaines personnalités suffit pour sécuriser une société dans les yeux du futur. Nous pouvons les ériger commes idoles et les vénérer comme les déités, mais si nous ne les honorons pas avec nos actions la société qu’elles représentent va écrouler. Car on doit rappeler les mots de Friedrich Schiller dans Die Jungfrau von Orleans: «Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes se battent inutilement».

Pourtant, la Panthéonisation n’est pas ciblée que à ceux qui nous suivrons dans maintes siècles, mais également à nous-mêmes aujourd’hui. Nos sélections actuelles définissent notre présent autant que leurs mémoire nous définiront dans l’avenir. On peut évaluer une société en examinant ceux auxquels elle accorde de l’argent et de la gloire. Admettre Joséphine Baker à ce club exclusif c’est valoriser non seulement son art et sa lutte contre le racisme, mais l’Art et la lutte contre le racisme. Aussi, par extension, la lutte contre le harcèlement sexiste, l’homophobie, et pleins d’autres pestes sociales actuelles. Même si le Panthéon se délabre au cours des siècles, même s’il est détruit dans quelques années, le choix lui-même  est un acte  politique qui peut remonter le moral des gens marginalisés  en affranchissant un peu plus leurs esprits.

Toutefois, on ne doit pas imaginer que sacrer certaines personnalités suffit pour faire admirer notre société dans les yeux du futur. Nous pouvons les ériger comme idoles et les vénérer comme les déités, mais si nous ne les honorons pas par nos actions la société qu’elles représentent s’écroulera. Car on doit rappeler les mots de Friedrich Schiller dans Die Jungfrau von Orleans: «Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes se battent inutilement». 

Touchez pas à la charentaise!

Les charentaises are a particular style of slippers made in La Charente, a department of France some 80 miles north east of Bordeaux. I’ve driven past it, but never gone there. These slippers have been made in La Charente for over 350 years, first by hand and then by machine. They were originally intended for military and rural life, as a comfortable indoor shoe that you could keep on all day long while you donned and doffed your outdoor boots or wooden shoes. A number of charentaises-making factories opened there in the first years of the 20th century, and they started aggressively exporting the slippers globally in the 1950s. At its peak in the 1970s, this French industry was exporting over a million pairs of slippers each year. Together with a beret and a baguette, a pair of charentaises became part of the French caricature.

The global center of shoe manufacturing today is in Asia, as China, India, Vietnam, and Indonesia account for 75% of all output. While French production of slippers fell precipitously in the past 50 years, it’s having something of a resurgence, both in La Charente and in Brittany. The French government has been pursuing a “Made in France” industrial initiative for the past few years, and generally has a soft spot for saving culturally iconic production. My French teacher assigned me to watch a documentary about the re-opening of one of the original charentaise factories and write a response about the importance (or not) of preserving industries like this.

Here’s my rather rambling response, after applying corrections suggested by my teacher N.M. In other posts I include both my original draft and the final draft after editing in order to display my errors. But as this post is long enough already, I’m posting only the final draft.

Version rédigé avec N.M.

C’est quoi la forme de la vie? La pomme est ronde, un cristal de sel est cubique, la coquille d’un escargot est spirale. Quelle est la morphologie de la vie? Dans son livre La Maison de joie: Une histoire de la vie et de la mort, l’historienne Jill Lepore constate que de l’Antiquité à la Lumière les peuples de l’Ouest ont imaginé que la vie est comme un cercle. On est né, on reçoit la sagesse et les traditions du passé, on habite dans la maison de son père, on laboure les champs de son grand-père, et on mange les recettes de ses arrières grand-mères. Au cours des années, on grandit, on a des enfants, et on leur apprend à faire comme leurs parents. Finalement on vieillit, on sourit aux petits-enfants, on leur enseigne les comptines patrimoniales, et on meurt conforté par le fait que le cercle recommence.

Pourtant depuis la Lumière, cette notion d’une vie cyclique a été remplacée par la vie linéaire. On utilise la raison pour améliorer les techniques. On progresse. On grimpe vers le sommet, on se hisse à l’échelle. L’arrivée de l’industrialisation et des idées de Darwin au XIXe siècle a accéléré cette réorientation de la conception de la vie. On doit construire, accumuler, foncer plus loin ou plus vite. Regardez les milliardaires de nos jours, messieurs Bezos et Branson, qui se hâtent de se lancer dans l’espace. Ruons-nous vers l’avenir!

Mais faites attention! Parce qu’on ne peut pas être au four et au moulin. En se dépêchant sur la longueur du chemin de progrès, il faut qu’on lâche maintes coutumes du passé. On ne peut pas dire «Rien à jeter» en surchargeant les malles de notre culture actuelle. Nos boulevards sont ou pour les chevaux, ou pour les automobiles, mais pas les deux. Un stationnement au centre ville est ou une écurie ou un parking. Et un travailleur doit choisir un métier, soit fermier, soit ouvrier, soit enseignant, soit avocat. Quel choix fera-t-il?

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

Ça me rappelle des questions du peintre Paul Gauguin, dont une œuvre est sous-titrée «D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?». Parce que la question de «que garder, de quoi se débarrasser» est à son cœur une question d’identité. Pour les circulaires, répondre à ces trois questions est facile. Nous venons d’un chemin déjà arpenté par nos parents; nous sommes des gens qui entournent cette orbite familiale sans aucun souci; nous repasserons les mêmes chemins à nos tours. Mais chez les linéaires, chez les dévots du progrès, les questions d’identité sont plus difficiles. Il faut changer pour s’améliorer, et un changement de mode de vie exige un changement d’identité. Choisir d’abandonner nos pratiques habituelles, de bouleverser nos affaires, c’est choisir de nous laisser mourir un peu pour permettre de faire naître le prochain «nous». Sommes-nous prêts à mourir?

Enfin, au bout de cette route sinueuse, j’arrive au sujet des charentaises. Cette pantoufle particulière est née il y a trois cent cinquante ans. En 1907, Théophile Rondinaud (parmi les autres) à lancé une usine à Rivière en Charente. Dès les années 1950, son fils James Rondinaud exportait ce produit dans le monde entier. Pendant les années 1970, l’usine Rondinaud employait 1300 travailleurs. La Charente était renommée pour ces jolies pantoufles douces. Mais cinquante ans plus tard, c’est la faillite. Les fabricants asiatiques ont surpassé ceux de la Charente, les chiffres d’affaires ont chuté. Même avec une consolidation de quatre fabricants sous le nom «la Manufacture Charentaise» (LMC), et avec la protection inédite du titre d’Indication géographique «charentaise de Charente-Périgord», cette société a dû mettre la clé sous la porte en 2019.

Est-ce qu’il faut être en deuil pour cette industrie française? Il y a deux ans qu’Emmanuel Macron a annoncé son initiative de relocaliser certaines chaînes de valeur pour les produits critiques. La crise sanitaire du Covid-19 a démontré la sagesse de fabriquer les molécules pharmaceutiques intra-pays. Une usine pour faire les semi-conducteurs en France c’est stratégique pour ne pas être dépendant de la Chine pour nos ordinateurs et nos portables incontournables. Mais les pantoufles? Forcément un manque imprévu de chausseurs duveteux ne serait pas une crise nationale. Les orteils patriotiques de la France survivraient.

Ici ce n’est pas une question de nécessité mais d’identité. Si un membre de la famille Rondinaud, comme l’arrière petit-fils Olivier Rondinaud, veut continuer l’entreprise, qu’il y aille. Mais si la rentabilité est insuffisante, on doit poser la question: d’où viendra la subvention? À mon avis, ceux qui s’identifient aux charentaises doivent subventionner eux-mêmes leur fabrication en France. Si c’est Olivier Rondinaud seul, je souhaite qu’il ait une grande fortune personnelle. Si ce sont les travailleurs de l’usine, peut-être qu’ils voudront travailler à des salaires réduits. Enfin, si les habitants du département ou du pays s’identifient profondément avec les charentaises, une subvention nationale serait dans ce cas-là la plus correcte. Pas de problème pour moi.

Mais il se trouvera, peut-être, que les consommateurs de la France préfèrent acheter les pantoufles bon marché, que les contribuables préfèrent renouveler les autoroutes, et que Mais peut-être qu’il se trouve que les consommateurs français préfèreraient acheter des pantoufles bon marché, que les contribuables préféreraient renouveler les autoroutes, et que les électeurs préféreraient revaloriser les salaires des soignants. Évidemment, il y a des limites budgétaires. Donc, qui sont les Français? Un peuple qui donne priorité à ses pieds? Ou un peuple en marche vers l’avenir sur des chemins modernes, avec des soignants correctement payés, mais avec les pieds à la chinoise?

From Marie-France Pisier to Olivier Duhamel

Someone recommended to me the RTL radio show L’Heure de crime, hosted by Jean-Alphonse Richard and available as a podcast. It airs four times per week and each hour-long episode explores some aspect of French crime, prosecution, or justice. I listened to one named L’étrange mort de Marie-France Pisier and learned about the unsavory death of a famous French actor in 2011 and a political pedophilia scandal that followed in 2021.

One morning in 2011, the wealthy Mme Pisier was found floating in the middle of her own swimming pool, fully clothed, and with her head lodged between the bars of an iron pool chair. A lengthy investigation proved inconclusive, with suicide, mild drug overdose, and murder all being possible explanations. Autopsy couldn’t even determine if she had drowned or was placed in the water after death. The case was filed away as unresolved and that was that.

Ten years later, her niece Camille Kouchner published dark family secrets in a book La Familia grande that effectively ended the career of Olivier Duhamel (European deputy, political scientist, public intellectual, powerbroker). Duhamel was the second husband of Évelyne Pisier-Kouchner, and was accused of sexual abuse towards multiple adolescents including his step son Antoine (a.k.a. «Victor») Kouchner (Camille’s twin). Marie-France Pisier learned of the abuse before her death and apparently threatened to go public with it if her sister wouldn’t. The non-public already knew of this behavior though: Duhamel’s entourage was aware of it for years and Duhamel himself confessed to his behavior shortly after the book’s publication. He suffered no criminal penalties, though, as Antoine refused to cooperate in filing charges in 2011 or before, and the statute of limitations had run out by 2021.

Meanwhile, the whole family is full of French luminaries. Évelyne’s first husband (and father of one of the abused minors) was Bernard Kouchner (former French foreign minister, minster of health, etc.), while Marie-France Pisier’s husband at the time of her death was Thierry Funck-Brentano, CEO of the 4 billion euro publishing group Lagardère (parent company of Hachette). Given all the wealth and power involved, the never proven suspicion is that foul play caused the death of Marie-France Pisier. Regardless, the accusations, the downfall of Duhamel and the nature of his acknowledged crimes was a major news item for several days this year.

Not a great podcast, but now I know about this important episode in modern French culture.

Summer Lessons Day 12: Figures and Registers

Nicolas Hulot and Emmanuel Macron

Oh, no! Vacation is over and I have to go back to work tomorrow morning. That means if I don’t write up the last two days of my summer lessons now, they’ll likely get buried in the onslaught of quotidien concerns that no doubt are currently overflowing my corporate Inbox (I’m afraid to look …).

Thursday’s course with Léo was a bit non-standard – quite literally. French teachers, dictionaries, and linguistic theorists pay a fair amount of attention to the idea of linguistic register. Some subsets of a language are only “appropriate” to use in certain situations which are typically characterized by their degree of formality. There are dozens of recognized subsets (see the International Organization for Standardization’s ISO/TR 20694:2018(en) A typology of language registers if you’re a real glutton for punishment), but the main three that figure in French are soutenu, standard, and familier:

  • Soutenu is the language of high literary texts, academic scholarship, and legal documents. It has a rich vocabulary, flowery figures of speech, and complex grammatical constructions.
  • Standard is the language of business documents, office conversation, banking, government publications, newspapers, non-fiction books, traditional classrooms. It uses clear wording, simpler grammar, and unimaginative language.
  • Familier is the language used with friends and family. It is rich with popular idioms, truncated words, incomplete sentences, slang, and sarcasm.

Thursday we left standard behind and focused on the other two.

Soutenu (mais Insupportable!)

To illustrate soutenu, Léonard had me read an ironic blog post by Samuel Gontier about the resignation of Nicolas Hulot. The piece comments on a rather tangled situation, with which by some unlikely coincidence I was already very familiar. Nicolas Hulot is a writer, journalist, and politician who is very well known in France as one of the foremost advocates of environmental and ecological issues. When Emmanuel Macron was elected president in 2017, Hulot agreed to serve as his “Minister for Ecological Transition and Solidarity”. This was intended as a signal that Macron was serious about addressing environmental issues, and the French Greens had high hopes that such a high profile appointment would translate into real progress.

It so happens that I was in France in August 2018, fifteen months later, when I tuned into France Inter’s regular morning radio news broadcast. As I got ready for my day, I heard Nicolas Hulot appear as the guest in the daily interview slot with hosts Nicolas Demorand and Léa Salamé. After complaining about the Macron government’s foot-dragging or even retrograde progress on the environment, Nicolas Hulot said he was not satisfied and felt like he was being used as a fig leaf. At that point Mme Salamé asked “Will you stay?”, and the minister replied by announcing his resignation on the spot, on live radio. Apparently neither the hosts nor the French President knew that this action was coming, and both were taken as much by surprise as the listening public.

But not me – I wasn’t all that surprised. Not that I had an inside track on anything, I just had no preconceptions. Maybe French Ministers resign live on air all the time? Maybe the whole thing was planned in advance and the hosts were in on it? Maybe the writing was on the wall and any knowledgable follower of French politics knew this was coming (just as nobody could have been surprised when scandal plagued Andrew Cuomo resigned as New York Governor last week – though Hulot’s case did not involve any scandals). What did I know?

But it turns out that this was a big deal. My French host had also heard the broadcast and thought it remarkable. So did other news outlets, and the story was all over the news for several days. “Environmental champion resigns, preserves his integrity, blasts Macron” was the basic headline. Next, however, France Inter started patting itself on the back mightily for being the messenger in this drama. Léa Salamé rehashed the moment in the next morning’s show (I heard that one, too), and later sat for an interview (which I also heard) with another member of the station who did an “On the Media” style introspection on how the moment came to be, what it meant for live radio journalism, what special rapport the three participants shared in the making of history.

All of this was a bit too precious for media critic Samuel Gontier. He skewered all this self-congratulatory pretentiousness with a faux-serious piece of his own. It was so full of soutenu constructions that my teacher Léo could use it as atlas of literary figures of speech. Many of them have names that come directly from Greek, and so are cognate with the comparable terms in English rhetoric. The devices we discussed were myriad: la gradation, l’hyperbole, l’euphémisme, la litote, l’anaphore, l’énumération, le parallélisme, la répétition, l’allégorie, la comparaison, la métaphore, la personnifcation, la métonymie, la périphrase, la synecdoque, l’antithèse, le chiasme, l’oxymore, l’ellipse, l’épiphonème. I don’t know that it was all that valuable to remind myself of the names of each technique, but it was fun to locate examples of many in the text. Not sure how much fun it would have been had I not known all the context deeply.

Familier (… or Hiéfamil ? )

After all that high dudgeon it was time for something more casual. A lot more casual. We looked at two aspects of the familier register: verlan (neologisms made by inverting syllables within a word) and colorful idioms.

I was already fairly familiar with verlan as a concept, but I learned several things about its history from the video. There was also an example of the French rail company trying and utterly failing to use verlan in an ad-campaign, rewriting «C’est possible» as «C’est blessipo». This did not go over well: turns out corporations making neologisms is not cool. It reminds me of a failed attempt by Google to introduce the availability of “stickers” in its messaging app by sending users a text saying that “Stickers are lit”. I had no idea what “lit” meant, but it turns out that’s what the cool kids were saying at the time. Since Google was far from being a cool kid at that point, the campaign fell totally flat. I’m pretty sure my hiéfamil is equally clunky.

Finally, we looked at a standard article about Grant Wood’s famous painting and then a familier comedy video parodying same. The figures come to life and give each other grief for their expressions (the literal once on their face, not the idiomatic ones in their mouths). Even if you can’t understand the French, it’s fun to watch how well the actors recreated the poses of the painting. Give it a play!

https://www.youtube.com/watch?v=qpFw5LBdIr8&t=11s

Summer Lessons Day 9: La Peine de Mort, Hiro

Happy Monday! On this first day of of the third week of my French Staycation I worked with a new teacher, Sofia, as part of my package of lessons from ILA in Montpellier. We covered an awful lot of ground in four hours, and I’m looking forward to working with Sofia again twice more this week.

After basic introductions we took as our jumping off point the mechanics of making verbal tenses agree between clauses. This sounds like a fairly dry grammatical point, but Sofia did a great job of weaving it into many different activities:

  • Converting direct discourse to indirect discourse: Converting “‘If don’t all get vaccinated, the pandemic will last longer’, said French President Macron.” to “French President Macron said that if we didn’t all get vaccinated the pandemic would last longer.” We reviewed the rules and did some online exercises.
  • We watched a video of woman-on-the-street interviews about what eating will be like in the future, then it was up to me to relate what each person said using this indirect discourse technique. One of people interviewed brought up science-fiction writer René Barjavel, whom I had not heard of. He wrote La nuit de temps, which apparently involves people eating only gel capsules. I’ll have to add it (and also his L’Enchanteur) to my reading list.

Next we turned to vocabulary and mechanics for expressing ones opinion about something. We started with a heavy subject (capital punishment) and then moved on to the efficacy of a French ad campaign and finally a news story about an unusual gathering in Spain.

  • First we read together a famous speech against the death penalty by Victor Hugo in the National Assembly in 1848. The official transcript records at times reactions and heckling, and from which side of the aisle it arose: “«Nous l’abolirons!» (Agitation.)” or “«…renversez l’echafaud.» (Vif assentiment sur plusieurs bancs.)” Pretty funny. Sofia noted a neat rhetorical trick that Hugo uses, invoking “the will of the people”, when (then as now) it was in fact the elite who reliably opposed capital punishment while the majority of the public often supported it.
  • After that, we watched a modern, teen-produced video about the eventual end of the death penalty in France in 1981. Sofia introduced it by noting that the speaker was an amateur who mashed his words a bit, and that this was a deliberate challenge for oral comprehension. I actually had little difficulty understanding him aside from not catching the name of Mitterand’s first Justice Minister (Robert Badinter). It helps that I had studied much of this history in French lessons over the last five years (don’t remember which ones). One of the earliest George Brassens songs (Le Gorille) is about the brutality of the death penalty, though it’s not apparent until the final verse:
La suite serait délectable
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable
Ça nous aurait fait rire un peu
Car le juge, au moment suprême
Criait "maman!", pleurait beaucoup
Comme l'homme auquel, le jour même
Il avait fait trancher le cou
Gare au gorille!
  • Next, Sofia asked me to write on the spot 250 words about the death penalty in the US, and about my opinion. She gave me 25 minutes to do it. I didn’t do a great job of managing my time, and spent way too much of it researching the facts of the subject instead of writing the response. Here’s the very rushed 293 words I produced. It turns out it’s a lot harder to write at speed, and without frequent recourse to resources like Linguée or Larousse. Here’s my first draft produced under time pressure, and the version with Sofia’s corrections applied.

Version originale

Aux États-Unis, la peine de mort reste légale au niveau féderale et aussi en 27 sur 50 des États individuelles (mais en trois parmi eux le gouvernor a imposé une pause légale d’une durée indefini). Il y a chaque année une trentaine d’executions judiciare, dont les plupart sont ordonnées par un gouvernement d’un État. De 1970 à 2020, il n’y avait aucune execution au niveaux fédérale, mais ça a changé pendant la campagne de reélection de Donald Trump en 2020. Il a ordonnés 13 executions dans les dernières douze mois de son mandat. Le dernier incuplé exécuté par l’État a été le 16 janvier 2021.

Dans les années 1990, le president actuel, Joseph Biden, a championé les projets (devenues lois) qui punissaient quelques crime avec cette peine, mais pendant la campaigne de 2020 il a adouci sa position. Malgré un absence d’execution après son instauration, il a évité à faire une prononcement claire sur sa position. Dans l’état ou j’habite, le Massachusetts, la dernière execution a été achevé en 1947, mais la peine de mort n’était pas aboli jusqu’à 1984. 

Selon moi, la question de l’abolir ou garder la peine de mort est trop exagéré dans notre societé. Quant à moi, je suis contre la peine de mort, mais s’il reste disponible dans les cas les plus grave, ça peut exister sans trop de mal pour nos société. Il y a beaucoup plus d’injustice dans le comportement quotidienne de la Police, dans les abuses dans le système pénale, et dans les inégalité econimique. Pris ensemble tous ces injustice cause beaucoup plus de mort que les execution gouvernementale. Je préférais que les opposant de la peine de mort concentraient sur le sort de ce qui reste vivant que de lutter pour les plus culpable.

Version corrigée

Aux États-Unis, la peine de mort reste légale au niveau féderal et aussi en 27 sur 50 des États (mais en trois parmi eux le gouverneur a imposé une pause légale d’une durée indéfinie). Il y a chaque année une trentaine d’exécutions judiciaires, dont la plupart sont ordonnées par un gouvernement d’un État. De 1970 à 2020, il n’y a eu aucune exécution au niveau fédéral, mais ça a changé pendant la campagne de réélection de Donald Trump en 2020. Il a ordonné 13 exécutions dans les douze dernièrs mois de son mandat. Le dernier inculpé a été exécuté par l’État le 16 janvier 2021.

Dans les années 1990, le président actuel, Joseph Biden, a soutenu les projets (devenus lois) qui punissaient certains crimes avec cette peine, mais pendant la campagne de 2020 il a adouci sa position. Malgré un absence d’exécution après son instauration, il a évité de se prononcer clairement sur sa position. Dans l’état ou j’habite, le Massachusetts, la dernière execution a eu lieu en 1947, mais la peine de mort n’a été aboli qu’en 1984. 

Selon moi, la question d’abolir ou de garder la peine de mort est trop exagérée dans notre societé. Quant à moi, je suis contre la peine de mort, mais si elle reste possible dans les cas les plus graves, ça peut exister sans trop de mal pour nos société. Il y a beaucoup plus d’injustice dans le comportement quotidien de la Police, dans les abus dans le système pénal, et dans les inégalités économiques. Prises ensemble, toutes ces injustices causent beaucoup plus de morts que les exécutions gouvernementales. Je préférerais que les opposants de la peine de mort se concentrent sur le sort de ceux qui restent vivant plutôt que de lutter pour les plus coulpables.

Time for something lighter! Three closing pieces.

  • We watched and discussed a video about the creation of an advertising campaign for Decathlon sports: «Le sport rend le monde meilleur». Again, the theme was oral comprehension followed by expressing my opinion on a subject.
  • We read an article from the International Courier about a recent gathering of Rainbow Family (translated into French from the original in El Mundo), happening this year in La Rioja, a region of northern Spain. Think Burning Man, but with multiple chapters, more sex, less drugs, and topping out at 30,000 people. The one in La Rioja has only 100 or so. I’ll leave to my readers’ imagination my opinion on this subject.
  • Last item of the day, we watched a music video of a song entitled “Hiro” by singer Soprano. In it a 30 year old French man enumerates all the things he would do if he could travel back in time like Hiro Nakamura. This was a nice way of going full circle with the original grammar exercise – the whole song is phrased with hypothetical subordinate clauses: «Si j’avais eu le pouvoir de Hiro Nakamura, … J’aurais été voir mon grand-père une dernière fois, … J’aurais été accueillir Mahomet à Médine … J’aurais créé un gigantesque bouchon sous le pont de l’Alma.»

Whew! What a packed morning of lessons. Tomorrow I get to start anew with other teacher of the week, Léonard. I’m sure I’ll learn lots more.

Marre de la Confine: Sick of Confinement

On March 17, 2020, France issued a general order for residents to stay at home as part of a national effort to combat the Covid-19 epidemic. The order remained in place for 55 days before being lifted on May 11th, and was generally seen as a public health success.

I was recently pointed to a series of short YouTube music videos created during confinement by a small crew of artists looking to distract themselves: «Au 1er jour de la confine». Each one features a song and animated watercolor illustrations. The song is of the form “On the first day of the confinement …. On the second day of confinement …. On the third day of confinement … etc. etc.” There are 11 videos in all, running two to five minutes each, packaged as “Season 1”, “Season 2”, etc. Together they cover all 55 days.

The videos start off fairly routine, with what sounds like a traditional Breton folk song played on accordion, one or two voices singing, a pleasantly repetitive verse / chorus structure, and the camera panning slowly over the illustrations. The authors’ description clarifies that the song is original, but runs the risk of becoming a folk song of the future: «un échantillon de Musique Traditionnelle de Demain.» The musical arrangement becomes more complex throughout the first video with polyphony, syncopation, and rich instrumentation. Really well done musically and visually.

After the first few weeks, though, the videos become progressively post-modern and bizarre, fitting the increasing toll of confinement. By the end there are drug-hazed psychedelic segments, pastiches of Ravel’s Bolero, and – I kid you not – Soviet agitprop. A rather striking departure, but quite impressive.

The creators are:

I can’t quite figure out how the author’s’ attitude towards the confinement changes over time. The first verse sounds like an explicit indictment of the policy as a trick, but some of the later videos have messaging that makes me think the authors supported the confinement. If any readers can clarify for me if the attitude is clear in the subtext (or the text), please leave a comment.

Here’s a sampling of the lyrics (rough English translations are mine):

Au 1er jour de la confine
On s'est tous enfermé dedans (x2)
Sans médicaments sans aspirine
Ça durera pas 107 ans
On s'est fait rouler dans la farine
Par le ministère et le gouvernement

Refrain:
Y en a bien marre de la confine
Y en a bien marre du confinement
On the first day of confinement
We all holed up inside
Without medicines or aspirin
This won't last 107 years
They've duped us, the government and the ministry

Chorus:
I am so sick of being confined
I've had it up to here with confinement
Au 2ème jour de la confine
On s'est attaqué au grand rangement (x2)
Le salon, le couloir et la cuisine
Ça durera pas 106 ans
Même si tout laver à la térébenthine
Au savon noir c'est émouvant

Refrain
On the second day of confinement
We did a vast spring cleaning
The living-room, the hallway, the kitchen
This won't last 106 years
What if we use turpentine and black soap?
It's bracing!

Chorus
Au 3ème jour de la confine
On met sa masques et ses beaux gants blancs (x2)
On se lave les mains, on se bouche les narines
Ça durera pas 105 ans
Se laver les mains, les papattes et les babines
Au début c'est rigolo à la fin c'est barbarant.
On the third day of confinement
We wear masks and white gloves
We wash our hands and cover our noses
This won't last 105 years.
Washing your hands, paws, and whiskers
At first it's a joke, by the end it's oppressive
Au 4ème jour de la confine
Ma femme est allée chez son amant (x2)
Sans me prévenir en passant par la cuisine
Ça durera pas 104 ans
Elle est partie pour de la farine
Reviendra peut-être à la fin du printemps
On the fourth day of confinement
My wife went to see her lover
She left by the back door without telling me
This won't last 104 years
Said she was going to get some flour
Maybe she'll be back by the time Spring ends
Au 7ème jour de la confine
Plus de vin rouge ni de chocolat blanc (x2)
Je fouille les armoires de la cuisine
Ça durera pas 101 ans
Me restera-t-il assez de bibine
Pour assurer le ravitaillement
On the 7th day of confinement
We ran out of red wine and white chocolate
I rummage through the kitchen cabinets
This won't last 101 years
Will my supply of booze
Hold out until I can restock?
Au 11ème jour de la confine
Je me bourre de médicaments (x2)
Sans prescription de la médecine
Ça durera jamais 97 ans
Et hop! Encore une aspirine
J'alterne avec l'efferalgan
On the 11th day of confinement
I'm popping pills like crazy
Just the over the counter stuff
This will never last 97 years
Pop! There goes another aspirin
I alternate them with Tylenol
Au 15ème jour de la confine
Y avait plein de morts mais plus de sacrements (x2)
On ne pouvait plus tirer sa trombine
Devant le cercueil et ses ornements
Enterrer des vieux, faut dire que ça nous bassine
Et c'est contagieux surtout pour nos enfants
On the 15th day of confinement
There were plenty of dead, but no more funerals
No more showing your ugly mug
In front of an ornate coffin
Burying our old ones makes us tearful, I confess
Our kids catch on and weep as well
25ème jour de confine
Il pleut des divorces. C'est alarmant! (x2)
On quitte son mari, son amant, sa concubine
Du jour au lendemain, c'est vraiment navrant
Les tribunaux sont fermés. On divorce en ligne
On se confine au couvent
25th day of confinement
It's raining divorces. Yikes!
Folks leaving their husbands, their lovers, mistresses
Day after day, it's really upsetting
With the courts closed down you get divorced online
Then go to the nunnery and isolate there 

That’s a good sampling for now. I may have more in a later post.

Y en a bien marre de la confine. Y en a bien marre du confinement.
Y en a bien marre de la confine. Y en a bien marre du confinement

Alexis Michalik in Five Paris Theaters starting August 18.

Paris shut down all its live theaters for several months during the Covid pandemic and the period of confinement. It has been gradually unwinding the shutdown (déconfinement), and today live theaters are announcing their reopening plans. It made me very happy to receive the email shown below in my inbox.

That’s right, five separate plays by Alexis Michalik showing in five separate theaters in Paris. He’s 37 years old, and inarguably the most popular French playwright of the 21st century. I have seen three of these plays on stage, and have read the other two. The script of each has been published in book form, and I have all five on my shelf. Heck, I even have framed posters for two of them sitting in my living room, waiting to be hung on the wall.

As you can tell, I’m a fan. I’ll write another post some time about the plays themselves and why I like them so much, but for now I just wanted to share the fact that they are reopening in August. Here in the US we are still in the “50,000 new Covid cases a day” phase of the pandemic, so seeing French theaters reopening is a reassuring source of hope. Michalik’s most recent work, Une histoire d’amour, won a Molière award for best director (he directed it himself), and I have read and enjoyed the text.

I’m looking forward to the day when Covid is behind us, France lifts its ban on US travellers, and I can make it back to Paris to see Une histoire d’amour.


Received 2020-07-02:

Nous ouvrons enfin ! Après tous ces mois d’attente nous sommes tellement heureux et impatients de vous accueillir pour cette rentrée 2020 !

-> LE PORTEUR D’HISTOIRE aux Béliers -> theatredesbeliersparisiens.com

-> LE CERCLE DES ILLUSIONNISTES au Splendid -> lesplendid.com

-> EDMOND au Palais Royal -> theatrepalaisroyal.com

-> INTRAMUROS à La Pépinière -> theatrelapepiniere.com

-> UNE HISTOIRE D’AMOUR à La Scala -> lascala-paris.com